jeudi 14 mars 2013

Non, je n'irai pas à Cuzco cette année

Parce que j'ai de trop mauvais souvenirs d'Arequipa...
Me retrouver dans un hôtel pour touristes...
Dans un bus à impériale, à regarder...
Les pauvres qui vivent en bas...
Être encadré par des guides "spécialisés" tout le temps...
Autant regarder un documentaire sur la 5.
J'attendrai l'année prochaine pour trouver une solution moins touristique.
Je préfère vivre avec les gens...
Partager leurs coutumes, leurs repas...
Même si c'est dur souvent...
Surtout par rapport à nos habitudes européennes...
A notre individualisme...
Ici il faut toujours s'intégrer dans une structure familiale...
Il y a beaucoup de gens qui passent et qui restent parfois...
Famille, voisins, amis, difficile d'avoir des repères...
Il faut faire une croix sur son intimité...
Supporter les odeurs pas toujours agréables...
La chaleur, les bestioles...
Quand on rêvasse allongé sur son lit...
Il n'est pas rare de voir passer un rat dans la charpente...
J'ai bien essayé de chasser le lézard...
Qui s'obstinait à rester sur le mur d'en face ...


Avant de comprendre que c'était là qu'il vivait, tout simplement.

Souvent on en a marre des toits pourris...
En tôles ondulées (calamine)...
Mais il y a toujours un arbre fleuri à proximité...


A Sullana, samedi dernier...
J'étais seul dans la chambre...
 50°C au moins, porte et fenêtre ouvertes...


Notre chambre était à l'étage...
Avec vue sur les toits...
Et le cimetière à l'horizon...

 

Je griffonnais des idées sur l'Equateur, les plages du nord...
Les contrôles douaniers...
J'ai sursauté...
Toc, toc sur la porte métallique...
C'était la charmante voisine d'à côté...
Qui m'offrait un verre de gélatine rafraîchie...
Toute timide et souriante...
Son mari est footballeur professionnel...
Et je n'aurai pas été plus heureux...
Si Adriana Karembeu...
Était venue m'offrir...
Une paire de lunettes de soleil. 








lundi 11 mars 2013

Une journée en Equateur, Aguas Verdes

Une semaine sur la côte Nord...
Invités par Laurenza et Toni...
Des amis de la famille...
Beaucoup de chaleur, souvent au dessus de 40°...
Mais finalement très supportable.
Visite des environs de Piura...
Dégustation de l'agua de pipa (noix de coco fraîche) dans les "cocoteraies"...
De la chicha de jora "clarita" à Catacaos...
Avec la Bamba en bruit de fond...





Et proposition originale de Lorenza...
Un lever  du soleil sur l'Equateur...
Du moins c'est ce que nous avions compris.
Départ en bus et en famille de Sullana à minuit et demi...
Direction Tumbes...
Où nous sommes arrivés à cinq heures du matin.
A partir de là, une demi heure de bus jusqu'à la frontière Equatorienne.
Evidemment à six heures trente, le jour s'est levé...
Sur Tumbes...
Le bus est arrivé un peu plus tard...
Et nous avons traversé un paysage de rizières...
Assez triste.
J'ai été attiré par un grand panneau du genre:
Ici commence la zone de vaccination anti Typhus...
Bon, je suis sensé être vacciné pour 10 ans...
Mais quand même...
Les moustiques Equatoriens ne doivent pas être sympathiques.
Effectivement plus nous avancions...
Plus c'était glauque...
Et le bus nous a débarqués en plein cloaque...
A deux cents mètres de la frontière d'Aguas Verdes.
Lorenza, en habituée des lieux...
Nous a dirigés vers une infâme baraque en tôles...
Équipée de "sanitaires"...
Avec de l'eau pour faire un "brin" de toilette...
Sara et moi, nous nous sommes contentés...
De nous brosser les dents...
Sans rien avaler.
Puis nous avons passé la frontière à pied...
Sans aucun contrôle...
Croisé quelques "routards", chargés comme des mules...
Et rouges comme des écrevisses.
Finalement, nous étions là pour le "marché"...


Qui commençait tout juste à se mettre en place.
Petit déjeuner dans la rue...


Au menu, arroz et viande locale...
Moi je me suis contenté d'un "cafécito"...
Et j'ai commencé ma journée de diète...
Pas question non plus de sortir les Leicas ...
Seulement le Lumix dans le creux de la main...



En visant au jugé...
Avec quelques flous de transpiration.

A Aguas Verdes, tout est "pas cher"...
Du linge de maison au téléphone portable...
Débloqué sur place par les "spécialistes locaux"...


Lorenza a "fait son marché"...
Sauf la viande...


Et le poisson...
Que je n'ai même pas photographié à cause...
Des nuées de mouches.

Diète confirmée pour Sara et moi...
Et nous sommes ressortis tranquillement en fin de matinée...
Sans plus de contrôle qu'à l'entrée.
Devant le "merdier" des bus retour...
Nous avons choisi sans hésiter la solution taxi...
Pour Tumbes...
Avec sa gare centrale et ses toilettes...
Un vrai paradis.
Retour direct à Sullana en bus...
En suivant la côte nord et ses "plages de sable fin"...


Pas toujours bien aménagées...


Volontairement, je n'ai pas fait de photos de plages privées...
Illusions capitalistes pour petits parvenus.

Après Mancora...
Relief d'apocalypse...




Et jusqu'à la zone agricole de rizières de Sullana...
Une espèce de savane parsemée de derricks...
Reliés à un oléoduc...
Qui ne fait sûrement pas vivre dignement...
Les pauvres gens entassés...
Dans des cabanes de planches et de feuilles...
Recouvertes de vieilles tôles ondulées...
Qui vivent là on ne sait comment.









mercredi 27 février 2013

Anecdote d'IQUITOS 2, un gato dans la chicha

Je connais bien la chicha morada...
Qu'on boit à Lima.
C'est une boisson désaltérante et sans alcool...
Préparée avec du maïs violet.
Mais à Iquitos, pour fêter le carnaval...
On prépare la "chicha de jora"...
Evidemment Luisa a sa recette personnelle.
Le vendredi matin...
Elle a commencé a triturer la farine de maïs...
En ajoutant divers ingrédients...
Clous de girofle, cannelle, feuilles de figuier...
Et sûrement plein d'autres choses...
Le tout mélangé à une grande quantité d'eau...
S'est retrouvé dans une grande marmite...

 


On a allumé un feu de bois et rajouté la chancaca...
Et ça a mijoté pendant des heures.
C'est le feu qui assure la fermentation...
Mais jadis elle était obtenue par les vieilles indiennes...
Qui recrachaient dans la marmite du maïs mâché avec amour.
Au bout d'un certain temps on arrête le feu...
Et on laisse refroidir tranquillement à l'air libre.
24 heures plus tard on peut commencer à consommer le breuvage...
Qui s'alcoolise au fil du temps.
Dans le cas présent la marmite a été vidée...
Avant qu'on ne ressente les effets de l'alcool.

Quand nous sommes arrivés à Pucachpa...
Une marmite de chicha commençait à refroidir...
Laissant présager une agréable soirée...
Pour le lendemain.
Hélas pendant la nuit, un chat de la maison...
Par l'odeur alléché...
A voulu gouter le breuvage...
Et est tombé dedans...
Il s'en est sorti de justesse...
Mais la chicha était perdue...
Car ici...
On boit l'eau de l'Amazone...
Mais pas la chicha du chat.  
 

mardi 26 février 2013

Anecdotes d'IQUITOS 1, la graisse de crocodile

Sara a les bronches fragiles...
Arrivée à Iquitos sans antibiotiques...
Sa sœur Myrtha, qui a plus d'un tour dans son sac...
Lui a proposé "LE" remède miracle...
J'écoutais ça d'une oreille distraite...
Sans chercher vraiment à comprendre les détails de l'accent d'Iquitos...
Qui est a peu près l'équivalent de l'accent Bordelais pour un Cauchois...
Puis Sara et Mirtha sont parties pour Belèn...
Le marché d'Iquitos dont je suis exclu...
A cause des voleurs de gringos...
A leur retour elles se sont mises à cuisiner...
Des lardons à ce qu'il m'a semblé...
Qui ont servi à Myrtha pour me préparer des tacachos ...
A la façon 'Myrtha'...
C'est à dire qu'elle les triture avec un pain de sel...
Qui ressemble à s'y méprendre...
A un 'sex toy'

 

Les meilleurs tacachos que j'aie jamais mangés!
Et la coquine avait un sourire malicieux...
Ils étaient préparés à la graisse...
De crocodile...

 

Et Sara a récupéré le liquide...
Pour soigner sa bronchite...
Et ça marche!!!
Il faut avaler tous les soirs...
Une cuillère de graisse réchauffée au bain Marie...
En fermant les yeux...
Et avec un "Pisquito"pour faire passer...
Conseille Myrtha.

dimanche 24 février 2013

Retour à Iquitos, l'abordage des "compradors"


Le voyage aller à Pucachpa avait été assez tranquille...
Avec deux grosses haltes à Mazan et à Indiana...
Et quelques arrêts pour déposer du matériel...
Dans les communautés qui se sont installées le long de l'Amazone...
Retrouvailles des familles...


Des enfants qui jouent au bord du fleuve....

                                                                 


Au retour nous avons embarqué tôt le matin...
Avec quelques sacs de fruits, un régime de bananes et le traditionnel pollo...




Le voyage a été très différent de l'aller et a duré près de 7 heures...
Avec des arrêts quasiment tous les 500 mètres...
Pour charger des récoltes.
J'avais comme voisins de cabine 3 pollos et deux niños...


Au début le bateau était assez peu chargé...


Mais au fil des heures  et des escales...
La cargaison de manioc, platanas, canne à sucre, pifayos, feuilles de bijau...
A contraint les voyageurs à se tasser sur les bancs latéraux...



Après Indiana, peu d'arrêts...
Tout le monde commençait à somnoler...
Et 20 minutes avant d'entrer dans le port d'Iquitos...
J'ai été réveillé par un gros choc derrière moi...
Les pollos se sont affollés...
Une vedette rapide nous avait abordés par tribord...
On a aperçu des hommes qui grimpaient sur le pont supérieur...
Moment de panique pour Sara qui se rappelait l'époque du "sentier lumineux"...
Où bus et bateaux étaient régulièrement  dévalisés par les "terroristes"...
Mais ce n'était qu'un abordage pacifique et commercial...
Quelques minutes plus tard, une dizaines d'hommes...
Sont descendus dans la cabine...
C'étaient les "compradors"...
Et en l'espace de dix minutes...
Toute la cargaison était achetée et réglée...
Dans la plus pure tradition foraine.
Sixto a eu bien du mal à sauver ses 3 sacs de fruits et ses deux régimes de bananes...
Quant au pollo il était au bord de la crise cardiaque...
Le pire ça a été à l'arrivée au port...
Dès que le bateau a touché le quai une autre vague humaine a déferlé sur la marchandise...
Avant que nous n'ayons pu faire un pas vers la sortie...
Les"cargadors" loués via mobile par les "compradors"...
Venaient récupérer la cargaison...
Je ne sais plus comment nous sommes sortis...
Sauf qu' avec mes sandales je me suis fait copieusement écraser les arpions...
Et une demi heure plus tard...
Notre "cargador", loué par Sixto...
Avait réuni nos marchandises derrière deux mototaxis..
Qui nous ont conduits à la "casa" de Luisa.








jeudi 21 février 2013

Pucachpa, la cueillette

Il avait plu toute la nuit...
Sans que nous ne soyons dérangés par le bruit...
Amorti par le toit de feuilles.
Nous devions partir récolter des pifayos...
Un fruit rouge et farineux très apprécié par ici...
Qui remplace le pain ou les platanas verde.
José a décrété : bottes obligatoires...
Pucachpa signifie en Quechua: terre rouge...
La terre argileuse a du mal à absorber rapidement toute cette eau.
Nous somment donc partis bottés après avoir préparé les outils...


Machettes, hache, fusil...
Traversée des terrains semi cultivés et pénétration dans la zone sauvage...





Après le chemin se taille à la machette...




Jusqu'à arriver en vue de l'arbre à Pifayos choisi...
Il est trop haut pour être gaulé...
Il faut l'abattre...
Quelques coups de hache bien précis...


Et l'arbre tombe...
Dans la fourche d'un autre arbre...
Qui a aussi été abattu.
Au passage Sixto décortique à la machette...
Un cœur de palmier...




L'arbre suivant est plus accessible...
La gaule suffira...





Mais il est quand même nécessaire de grimper dans l'arbre...
Pour accrocher les pifayos avec la gaule...



Les fruits sont récoltés dans des grands sacs et portés à l'épaule...
30 kg pour Sixto, alerte...
10kg pour moi qui suis tombé plusieurs fois...
Sur le chemin du retour.
Arrivés à la maison...
Tri des fruits par Luisa et Patrick...



Avant l'amuerzo (déjeuner) un peu de détente...
En allant cueillir des sapotes...
Dans les sapotiers près de la rive de l'Amazone...
Encore une fois José grimpe dans l'arbre pour secouer les branches...



Pendant que Sara déguste...


Et que Patrick ramasse les  fruits...


Près des sapotiers, Sixto a découvert un cacaoyer...
Et dimanche matin, après notre retour à Iquitos...
Luisa nous a fait la surprise d'un chocolat chaud...
Avec toutes les saveurs de la jungle...
Meilleur que le Banania de mon enfance!

PUCACHPA, la "Selva" amazonienne.

Toute ma vie j'ai rêvé de ça...
Me retrouver dans la jungle...
A l'écart de la "civilisation".
Sixto mon beau frère m'a permis de réaliser ce rêve...
Simplement en allant rendre visite à son frère...
Qu'il n'avait pas revu depuis....
Très longtemps.
Après cinq heures de navigation sur l'Amazone depuis Iquitos...
Le "Camito" nous a déposés là...
Sur la rive gauche...


Nous avons marché deux cents mètres environ...
Sur un chemin boisé...
Avec deux petits garçons qui étaient venus...
Récupérer une caisse déposée par le bateau...
Et nous sommes arrivés à une passerelle peu engageante...
Surplombant un ruisseau...


Une dame étonnée est venue à notre rencontre...
Et nous a invités à pénétrer dans la maison...


Nous nous sommes installés dans la pièce principale équipée de hamacs...


Le temps de faire connaissance...
En dégustant du café et des pains que nous avions apportés.
Quatre générations vivent là...
Les deux petits, Gonzalo et Patrick sont les arrières petits enfants...
De José le frère de Sixto...
Un type extraordinaire qui vit là depuis toujours...
Et exploite un domaine immense et sauvage...
Qu'il a modelé au fil du temps...
En complétant les traditions ancestrales...
De son expérience d'ingénieur agronome...
Sixto nous a ensuite fait visiter l'environnement.
La maison est entourées sur trois côtés...
Par un réseau de "lagunas" (étangs)...
Reliés entre eux par des ruisseaux...


C'est là qu'on se douche...
Qu'on lave le linge...
Qu'on récupère l'eau pour cuisiner...
Seule la cuisine est équipée d'une grande table...
Tous les autres meubles ont été fabriqués localement...


La vaisselle est posée là...
Et lavée avec l'eau de laguna...
C'est ausi l'eau qu'on boit.
Et le soir on entend les bruits de la jungle...




Évidemment à l'extérieur il y a des poulets et des canards...
Et les lagunas regorgent de poissons qui se pêchent au filet...



Sixto en a pêché pour le petit déjeuner...


Et comme d'habitude, c'est Luisa qui les a préparés.
Bien évidemment il y a les bananes (platanas)...



Les coconas....


Après il faut aller cueillir les fruits dans l'exploitation.
Il y a même un peu d'électricité...
Quatre ampoules alimentées par un panneau solaire discret...
Je pense que le maître de maison...
Ne souhaitait pas faire plus.
Côté "médias" je n'ai vu qu'un vieux transistor...
Qu'on écoute le soir après la douche...
Avant de se coucher.
On se couche avec le soleil ou presque...
Et on se lève avec le jour, toujours.
Nous avons dormi à même le sol de la pièce principale...
Protégés par une moustiquaire de fortune...
Parce qu'évidemment...
Il y a les moustiques qui vous piquent...
Les fourmis qui vous mangent...
Et les abeilles noires qui ont fait leur nid...
Sous le toit à l'intérieur de la pièce principale...
Elles ne piquent pas, mais elle mordent si vous les importunez...
Elles adorent se réfugier dans votre chevelure...
Sans doute attirée par l'odeur du shampoing...
Que tout bon gringo prend avec sa douche.